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Albanie 2008 - Partie 2




Ulcinj (Monténégro) - Gjïrokastër (Albanie)

Mercredi 30 juillet (J6): Ulcinj-Schengin (littoral nord albanais)

Départ 9 h, 25° humide.
Aujourd’hui, nous passons aux choses sérieuses : l’entrée en Albanie.

Depuis Ulcinj, nous empruntons une petite route dégradée qui donne une impression de bout du monde (nous avons souvent eu cette impression à l’approche des frontières) ; les villages traversés semblent être très pauvres. A 10 h, nous atteignons le petit poste frontière de Muriqan. Nous sommes légèrement angoissés de pénétrer dans un pays qui a mauvaise réputation : niveau économique très faible, réseau routier dégradé, absence d’infrastructures touristiques, mafias en tout genre, vols de voitures, racket d’automobilistes, police corrompue...
Les formalités sont relativement rapides, nous voilà en Albanie après avoir acquitté une taxe de 4 €.






Premiers tours de roue, la route n’est pas plus mauvaise qu’au Monténégro. Nous sommes frappés par le nombre de grosses maisons récentes, assez laides et inachevées, construites vraisemblablement par les émigrés ; ce qui sera confirmé plus tard. Il y a aussi pas mal d’ânes, de mulets et quelques charrettes.

 







Puis, nous nous rendons à la ville voisine, capitale du nord, Skhodër, pour changer des euros (1000 leks = 8,33 euros). La circulation est chaotique et les immeubles sont plutôt décrépis. l’Albanie est bien un pays sous-développé et pourtant européen ; le centre-ville a meilleure allure.





Nous allons maintenant chercher un point de chute sur la côte. Nous arrivons un peu par hasard à Shengin.

Au delà d’un front de mer horriblement urbanisé, nous trouvons un accès à la plage sableuse, bondée, où nous mangerons et passerons l’après-midi. Le sable est toujours aussi noir que poussiéreux. En Albanie, c’est très pratique, on peut se garer sur les dunes tout près de l’eau, ceux qui ont un 4X4 - et ils sont nombreux- se posent même sur la plage. Les sous bois sont d’une saleté effroyable, des vaches en liberté broutent les ordures.


Dans cet environnement, pas vraiment hostile mais peu rassurant, nous sommes quelque peu soucieux de savoir où nous dormirons puisqu’il n’y a pas de campings en Albanie ; du moins d’après «Le petit futé» (le seul guide en français existant) et nous sommes les seuls touristes étrangers. Nous allons donc appliquer la recette du campingcariste «Alain26» : chercher un restaurant où manger et demander à y passer la nuit avec la caravane. Donc, pratiquement au premier restaurant que nous voyons et disposant d’une enceinte fermée, nous demandons l’hospitalité.
Le patron va nous ouvrir les bras, nous aider à garer à la main. Nous allons passer notre première soirée dans une famille albanaise adorable… Nous serons les seuls clients du restaurant : salade mixte et grillade d’agneau et de porc sont au menu (2000 lek soit 16 €). Nous nous sommes sentis en parfaite sécurité.



 

Jeudi 31 juillet (J7) : Schengin-Pogradec (lac d’Ohrid).

Le lendemain matin, notre hôte est remercié d’une
bouteille de Bordeaux. Notre stock nous sera vraiment utile, il sert aussi et
accessoirement à augmenter le poids en flèche de la caravane... Il fait 29° C.

Programme chargé aujourd’hui. Nous allons aller
directement du nord vers le centre de
l’Albanie puis effectuer un tour au sud
du pays, à peu près le même que
«Alain 26».
En effet, le nord de l’Albanie est moins intéressant
que le sud : la côte est sableuse,
marécageuse et infectée de moustiques. Par contre, les montagnes sont
magnifiques (Alpes albanaises) accessibles en 4X4, mais peut-être pas avec une
caravane… Nous ne voulons pas prendre de risque. Donc, direction Tirana, la
capitale, via la nationale nord-sud, qui a un bon revêtement, mais est très
chargée. Les Albanais conduisent vite, ils doublent en toutes circonstances
(virages, lignes blanches) malgré une forte
présence policière.
A l’entrée de Tirana, la capitale, la route devient
franchement mauvaise et la circulation s’intensifie ; les rues sont
longées de «souks» et sont extrêmement sales. L’usage du klaxon
s’impose, les voitures sont prioritaires sur les piétons…



 

 

En s’approchant du
centre, la circulation est toujours aussi dense, mais la voirie et
l’environnement sont plus européens. A
deux détails prés : il n’y a pas de
feux rouges, seulement des policiers débordés aux carrefours, ni de panneaux de
direction. Nous demandons plusieurs fois la direction d’Elbasan, les réponses
sont souvent contradictoires. Le sens de
l’orientation s’impose, notre véhicule dispose d’une boussole qui s’avèrera
utile en de nombreuses circonstances. Nous sommes étonnés de constater que le
parc automobile est souvent récent, 1/3
des véhicules sont de marque Mercedes et les 4X4 flambant neufs prolifèrent.

 

 

 

 

La route Tirana-Elbasan-Pogradec est sinueuse mais correcte. Nous
arrivons au lac d’Ohrid pour déjeuner.
Partagé avec la Macédoine voisine, considéré comme étant le plus beau des
Balkans, il est un paradis pour la pêche.

 

 

Après déjeuner, quelques km plus loin, une surprise nous
attend : au bord du lac, nous trouvons une
«espèce» soit disant inconnue en Albanie : nous voilà donc au camping «Peshku» (poisson), 10 €. Les sanitaires sont simples mais très
propres et l’électricité est gratuite. Nous
sommes les seuls pensionnaires.

 

 

 

 

L’après-midi sera la première sans voiture depuis le départ. L’eau du lac est assez chaude, les poissons grouillent.

 

 

Le soir, nous
dînons au restaurant du camping
de poisson local sortant de l’eau, une sorte de truite qui n’existe que dans ce lac et placée en viviers (2900 leks,
soit 25 €, avec le vin et la salade mixte).

 

 

 

Vendredi 1er
août (J8) :
Pogradec - quelque part à la
montagne avant Leskovic.

Réveil 8 h, bain matinal
dans le lac pour Etienne et les poulets, pleins et vides en tout genre,
départ 10 h après une douche d’enfer pour Chantal (d’habitude, nous nous
douchons dans la caravane).
Après Pogradec, nous
faisons nos premières courses en Albanie, il fait 25° C. Les supermarchés
n’existant pas, nous nous contentons

d’une petite épicerie. Le choix en produits locaux est restreint :
fromage, saucisses fumées, tomates et Coca-Cola (il y a une usine à Tirana). La plupart des autres produits sont importés de
Grèce, d’Italie, de Macédoine. La route Pogradec-Korce est en travaux, et quels travaux ! Nous parcourons 45 km en 2h30. Roulant
en 1ère et seconde, nous nous faisons doubler par la gauche, par la
droite, nous croisons des semi-remorques qui
roulent comme si il y avait
du goudron. Nous n’avons jamais bouffé
autant de poussière. Nous arrivons tout de même à doubler les charrettes quand il n’y a pas de
tôle ondulée...


src="http://www.caravane-infos.net/docs/articles/albanieBN/partie2_fichiers/image053.jpg">

En fin de matinée, nous traversons Korce.


Nous allons renoncer à nous rendre à Voskopoje,
lieu recommandé par «Alain 26», pour cause de gabarit (interdit
plus de
10 m de long, route très étroite). De quoi se rendre traître à la cause
caravanière en regrettant de ne pas avoir un camping-car fourgon 4X4 (nous
y viendrons peut-être un jour…). Pour
les mêmes raisons, nous renonçons aussi
à nous rendre à la seule station de ski
d’Albanie où nous pensions
dormir.
Nous déjeunons assez tard au col suivant Korce,
au milieu des bunkers. Le régime communiste d’avant 1990, craignant des
invasions diverses terrestres ou parachutées, en a construit 800 000 pour deux
soldats. Soit la possibilité de
mobiliser 1,6 millions d’hommes en une
heure montre en main... L’Albanie
ne sera jamais envahie.

Nous roulerons deux heures pendant la sieste des poulets qui sont vraiment très
cool en voiture. En pleine montage, une
auberge nous attend. Bien entendu, c’est ok pour le repas du soir contre le
parking gratuit et le ravitaillement en eau à la «taverne Peshku».


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Après avoir fait manger les bébés dans la caravane, nous
dînons sur place : agneau confit et
salade mixte plus vin local (2000 lek, 17 €) pendant que les enfants jouent avec des
petits albanais. Nous dormirons en
parfaite sérénité.



Samedi 2 août
(J9) :
quelque part à la montagne avant Leskovic-Girokaster.


Avant de partir, l’employé qui nous avait reçu la veille a eu droit à
sa bouteille de Bordeaux. Nous avons au programme une centaine de km que
nous effectuerons en 5 h. Départ 9 h 45, 17° C.
Les paysages sont magnifiques,
nous distinguons encore des plaques de
neige sur les reliefs mais la route est sinueuse et pas toujours très
bonne. De temps en temps, nous vérifions que la caravane est toujours derrière.


src="http://www.caravane-infos.net/docs/articles/albanieBN/partie2_fichiers/image077.jpg">

Au village de Leskovik, où il
n’y a pas plus de panneaux qu’ailleurs, une autochtone prof de français
nous indique la route.

Le long des routes, il y
a en moyenne une pierre tombale fleurie tous les 2 km… évidente
conséquence de la manière de conduire
des Albanais.

Nous déjeunons par 38° C près d’un pont dans un état tel,
qu’en France, il serait depuis longtemps interdit à la circulation. Le temps
du repas, une dizaine de semi-remorques
l’empruntent. Ca pèse combien déjà un semi-remorque ?

Avant Gjirokastër, nous sommes
sur la route nationale qui mène en
Grèce, elle est toute neuve… sauf dans les
traversées de villes.

Il est 14h30, il fait toujours 38° C, les enfants
dorment : pas vraiment les conditions idéales pour visiter Gjirokastër, «ville musée» classée UNESCO
d’architecture grecque et ottomane.
Nous contournons la vieille ville
pour faire quelques photos, le parking touristique est vide :
imaginez le Mont-St-Michel sans autocar ! Visiblement,
l’argent manque pour l’entretien vu
l’état de certaines maisons.

 

Nous reprenons la
route, mais nous aimerions bien
nous poser avant d’arriver sur la côte
qui est à plus de 2 h. Mais où ? Il
y a peu de restaurants ici et les piscines
sont rarissimes en Albanie, faut pas rêver. Mais un miracle est si vite
arrivé ! Le voici :

Au bord de la nationale, dans un environnement semi désertique, dans un pays sans touriste, nous dégotons l'affaire du jour. Ce n’est ni un hôtel, ni un village de vacances, ni un camping, ni une piscine municipale ; ne cherchez pas à comprendre, c’est un «Komplex Touristik». Après prise de renseignement, nous procédons comme d’habitude : parking sécurisé contre repas du soir au restaurant. Pas de problème.
Donc, nous passerons l'après-midi au bord d’une piscine surdimensionnée fréquentée juste par quelques jeunes du coin. Au menu du soir: toujours agneau confit et salade mixte + vin.
Chantal est invitée à rencontrer le chef en cuisine pour choisir le vin et les plats (1700 lek, 14 €). Compte tenu des fréquentes coupures d’électricité en Albanie, nous avons repéré dans
un coin un groupe électrogène de type hôpital, tant qu’à faire...