Islande en caravane - Partie 2
Le camping est envahi de tentes pliantes américaines.
Elles sont tractées par des énormes 4x4 américains ou japonais montés sur des grosses roues et surélevés de 10 à 50 cm ! Elles ont même une boule d’attelage inhabituelle sous nos latitudes. Notre Land Cruiser a l’air petit.
Le camping est très vivant et bruyant jusqu’à minuit passé. Les Islandais profitent du soleil qui doit tant leur manquer l’hiver. De façon surprenante pour un pays nordique, les horaires des repas sont comparables aux nôtres. Le soir, ils jouent tous à un drôle de jeu de quilles. Très ludique il se joue à deux ou par équipe et consiste à faire tomber des courts bouts de bois de section carré à l’aide de bâtons. Nous apprendrons bien plus tard qu’il s’agit du Kubbur, jeu d’origine Danoise.
Le lavage du linge sale qui s’accumule depuis que nous avons quitté la France est l’occasion de tester la machine à laver à l’américaine qui s’avère totalement inefficace. Une drôle d’armoire équipée de clayette et d’un petit radiateur soufflant sert de sèche-linge.
Le calme de nos bivouacs nous manque et nous prenons tous des boules Quies pour dormir !
Dimanche 25/07
Le soleil est toujours là et le ciel est d’un bleu superbe : qui a dit qu’il ne fait pas beau en Islande ?
Nous passons la matinée à réparer l’Eriba, à nettoyer les moindres coins envahis par le sable volcanique abrasif et à rassembler les nombreuses vis éparpillées dans tous les coins. Béatrice est même étonnée du nombre de vis qui ne servent à rien dans cette caravane ! Une mauvaise surprise nous attend au fond du placard magique. Béatrice avait préparée un pot de Nutella pour les enfants, mais l’opercule à craqué sous les soubresauts. Le Nutella c’est répandu dans les placards ! Martin armé d’une grosse cuillère viendra nous aider à sa façon.
Le camping se vide petit à petit. Quelques nouveaux arrivants s’installe et notamment un Land Cruiser monté sur des roues énormes et surélevé avec des ailes gigantesques. La comparaison est sans commentaire. Le propriétaire m’assure qu’il en a encore des plus grosses chez lui pour rouler sur la neige !
Vers 17h nous partons visiter ce drôle de canyon en forme de fer à cheval dans lequel nous campons, le canyon d’Asbyrgi.
Celui-ci est différent des autres car le fond est plat, arboré et possède un ilot de roche en son milieu.
Le centre d’accueil à une petite exposition intéressante sur la région et sur la géologie du pays.
Un peu plus loin vers le nord, à Lundur, une piscine thermale nous permet de prendre notre première douche thermale : nous devons enlever nos chaussures à l’entrée puis nous entrons dans un vestiaire où tout le monde est nu et prend une douche savonnée en commun. Les hommes et les femmes restent malgré tout séparés. La piscine est à l’extérieur mais l’eau est à 35°C. Un petit bassin circulaire dont l’eau est au moins à 40°C permet de se délasser en regardant l’horizon.
Même vidé, le camping est toujours aussi bruyant jusqu’à minuit : vive le jeu de la boule islandaise ! Nous dormirons encore avec les boules Quies.
Lundi 26/07
Le réveil est matinal et à la fermeture du toit, une surprise nous attend. Nous avons perdus les deux boulons qui tiennent les compas ! Cela tient, nous avons dû les perdre il y a déjà quelques temps. Après les pleins et la vidange, nous prenons la route en direction du site d’Hijodaklettar sur la F862 pour prendre notre petit déjeuner.
Les 13km de piste nous semblent interminables même si le paysage est superbe. Les 3 mauvaises nuits que nous venons de passer commencent à peser.
Nous arrivons au camping de Vesturdalur point de départ du site. Il fait encore beau, nous déjeunons dehors malgré le vent frais. L’ambiance est électrique et tout le monde est fatigué. Nous rencontrons deux hollandais vivant en France et avec un vrai look de baroudeurs. Très sympa nous parlons des sites à voir et de leur pick-up Toyota équipé pour les raids avec son 4,2L de 6 cylindres en lignes. Un vrai tracteur ! En fait, un des deux est organisateur de raids dans le désert du Sahara.
Nous partons sans la caravane, sur le parking du site d’Hijodaklettar. La balade se fait à pied.
Le site est splendide. Il s’agit d’une coulée de lave qui semble avoir tournée dans tous les sens, qui monte en un pic puis retombe vers la rivière qu’elle longe.
A l’intérieur d’une des principales élévations de lave, des buchettes de roche sont enroulées en escargot du plus bel effet.
La balade nous plaira vraiment, nous y passerons plus d’une heure. Elle mériterait d’être dans le GDR qui ne site que le camping en dépannage. En fait, celui-ci nous est apparu beaucoup plus sympa que le précédent et surtout selon les hollandais beaucoup plus calme.
Nous prenons la route d’Husavik. Elle longe la côte en pentes douces.
Quelques voitures arrêtées au bord de la route attirent notre attention. Les gens regardent les oiseaux et peut être les baleines réputées nombreuses dans la baie de Skjalfandi. Nous ne verrons rien. Nous arrivons à Husavik, petit village mignon niché au pied d’une colline et réputé pour ses excursions destinées à voir les baleines.
C’est un vieux rêve de la famille. Nous nous garons sur le port. Pendant que Béatrice prépare le déjeuner avec ce qui nous reste dans le frigo, je vais chercher les billets pour le tour en bateau à la compagnie « Whale watching ». Les bateaux me paraissent plus sympas. Je prends le petit tour qui dure 3h (49€/adultes et 32€/>7ans), cela devrait suffire. Surtout si nous avons le mal de mer. Le départ est prévu à 15h30.
En attendant, nous allons visiter le musée des baleines situé juste à côté de l’embarcadère. Nous ne le regrettons pas. Très bien fait, il est très complet et didactique. Les petits panneaux destinés aux enfants sont pleins de détails qui intéressent tout le monde. Il y a également pleins de squelettes dont un énorme cachalot. C’est une excellente mise en bouche avant l’excursion.
Malgré son jeune âge, notre guide sur le bateau possède un look de patriarche islandais avec sa longue barbe.
Posté à la proue, nous profitons au maximum de la vue.
Le temps est beau mais le vent est frais. Les premières baleines apparaissent au loin accompagnant les bancs de poissons et les nombreux oiseaux.
Nous voyons nos premiers macareux dont le vol maladroit amuse tout le monde.
Ils volent en formation serrée. Cela reste de bons pêcheurs car certains repartent avec une sardine dans le bec. La traversée d’une nuée d’oiseaux est extraordinaire. Les mouettes et les fulmars peu farouches nous frôlent tandis que les macareux se tiennent à distance à notre grand regret.
Nous approchons de l’îlot de Lundey où une colonie de macareux niche.
Par 100aine ils volent autour de l’îlot. Deux chasseurs postés sur la falaise abrupte les attrapent avec un filet à papillon.
La surprise nous attend un peu après, un petit rorqual s’approche du bateau et fait plusieurs apparitions pour le plaisir de tous. C’est le moment le plus émouvant ! On l’entend même soufflé.
Nous voyons quelques autres baleines sur le retour en dégustant notre « cinnamon roll » et notre chocolat chaud offerts par la compagnie.
La visite reste un beau souvenir. A l’arrivé au port, tous les magasins sont fermés. Nous achetons le minimum à la station service et un petit Hot dog en guise de goûter. C’est un peu écœurant !
A la sortie d ‘Husavik, nous voyons un petit étang tout fumant.
Nous nous engageons. L’eau est chaude. Les enfants courent se mettre en maillot de bain.
Ils y passent plus d’une heure à attraper des carpes à la main probablement endormies par la chaleur de l’eau. Je fini même par m’y baigner avant le diner. Nous y passons la nuit un peu à l’écart de la route.
Mardi 27/07
Enfin une bonne nuit réparatrice. Tout le monde à bien dormi. Seul déception, le ciel est désormais islandais : gris et bas.
Après le déjeuner, nous partons vers Myvatn.
La route 87 est la plus courte. Elle est partiellement en piste mais de bonne qualité.
Nous voyons nos premières serres chauffées au géothermique. Marrant d’imaginer des tomates et des concombres poussées ici sous des nuages gris et le crachin islandais.
La route aboutie sur un point de vue de la région de Myvatn. L’odeur de souffre est déjà dans l’air. Le village de Reykjahlid est équipé d’une superette remplie de touristes qui dévalisent le peu de crudités disponibles. De façon surprenante, il dispose d’une station gratuite pour laver les véhicules. Nous en profitons pour enlever les 15kg de poussières !
Le centre d’infos donne une excellente carte sur la région. Nous partons faire la pause déjeuner à Leirhnjukur. L’accès au site se fait par une vallée large de laquelle surgissent plusieurs panaches de vapeur.
Elle est traversée de multiples tuyaux qui alimentent une usine géothermique équipée de deux énormes turbines. Malheureusement, le centre des visiteurs sera fermé lorsque nous voudrons nous y rendre. Décidément, nous sommes fâchés avec les horaires des islandais.
Le parking est plein de monde mais le site est suffisamment vaste pour avoir la sensation d’être perdu dans ce paysage apocalyptique.
Les vapeurs de souffre prennent le nez et nous entendons le bouillonnement des marmites au milieu d’un sol multicolore.
Situé sur une coulée de lave, une petite balade permet de suivre la faille qui sépare la plaque européenne de la plaque américaine.
Tout au long du parcours de la vapeur chaude sort de cette faille.
Béatrice observe que le développement du peu de végétation se fait dans le prolongement de cette vapeur.
Toujours la sensation d’être au début de l’histoire géologique de la terre. La vue sur la région du volcan Krafla avec le contraste des différents âges des coulées de lave est saisissante.
Un peu plus haut se trouve le lac Viti.
La balade nous permet d’apprécier la vue sur la région et d’approcher d’un peu plus près les marmites pour Pierre et Moi, tandis que Béatrice, Louis et Martin partent voir les énormes tuyaux de vapeur.
Sur le retour vers le lac, il ne faut pas manquer Namafjall et ses marmites de boues bouillonnantes et ses cheminées qui crachent des jets de vapeur brûlante et hurlante.
L’odeur de boule puante est s’y forte que Martin ne veut même pas y aller. Sur notre insistance et devant le spectacle, il finit par oublier cette odeur tenace.
Après avoir hésité, nous passons devant le magnifique cratère de Hverfjall sans y monter.
Tout le monde est fatigué. La route serpente le long du lac et passe près d’une coulée de lave inondée et près de pseudos cratères qui font la gloire de la région. Et pour cause, ils sont superbes.
Un peu plus loin, nous passons près de Godafoss.
Un peu moins impressionnante que les autres chutes mais pas mal quand même.
Il est déjà 20h et même si il fait encore bien jour, il est temps de trouver un bivouac. Nous nous engageons sur le bord du lac Ljosavatn.
Quelques cèpes ramassés sur la lande feront une excellente entrée. Le tout sera accompagné d’une soupe aux lettres. Il est temps d’aller faire des courses d’autant plus que le frigo est définitivement en panne !
Mercredi 28/07
Au réveil, le brouillard couvre la région, il fait un vrai temps d’automne. Un pêcheur, le rêve de Pierre, est tranquillement installé. Après le petit déjeuner, nous rejoignons Akureyri. C’est la deuxième ville d’Islande et elle ne compte que 17000 habitants ! Cela ne nous change pas de Bergerac qui en compte 25000.
Notre objectif est de trouver un réparateur pour le frigo. Nous faisons une halte à l’office du tourisme pour demander une adresse. L’internet en accès libre nous permet de donner quelques nouvelles à tout le monde.
Nous nous rendons à l’adresse indiquée par l’office du tourisme mais notre vendeur de caravane, nous reçoit comme un chien dans un jeu de quille. Il nous indique malgré tout un réparateur de frigo situé à quelques pâtés de maison, la société Frost. Il est 12h et nous voyons un monsieur travailler sur une caravane.
C’est bon signe. Il m’indique que l’entreprise est fermée et qu’il est en « vacation ». Nous devons revenir vers 13h ! Sentant mon désarroi, il regarde et identifie rapidement l’origine : le gicleur est bouché. 30mn, une bouteille de Bergerac et 4000ISK plus tard, le frigo est à nouveau froid. Tout le monde est soulagé et je l’aurai presque embrassé si la froideur islandaise ne m’avait pas freinée. Ceci nous confirme l’impression de s’être fait avoir au Danemark par le précédent réparateur.
Pour fêter ça, nous mangeons dans l’excellente boulangerie « Bakarid vid Bruna » située en « banlieue ». Elle offre un coin repas avec eau, café, thé à volonté. Après avoir cherché en vain du matériel de pêche, rencontré un islandais jovial (si, si !) collectionneur de voitures et particulièrement de Citroën, et fait quelques courses en prévisions du long « WE des commerçants » qui arrive, nous partons vers Blonduos.
Sur la route, nous nous arrêtons à la ferme Glaumbaer.
Cette ferme est faite de plusieurs bâtiments en tourbe, toit et mur compris.
L’ensemble est bien homogène et situé à proximité de deux autres anciennes fermes en bois qui abritent un café.
Comme d’habitude, nous arrivons trop tard et tout est fermé. Malgré tout, nous réussissons à voir par les fenêtres qui sont sans volets comme souvent en Islande.
Nous arrivons même à visiter le café, les hôteliers en train de ranger nous proposent de faire un petit tour.
Nous faisons ensuite une halte à la petite église de Vidimrarkirkja. Par chance, la dame qui s’en occupe réside à côté et s’empresse de venir nous ouvrir malgré l’heure tardive.
L’intérieur tout en bois est adorable, il y a même un côté pour les jeunes filles célibataires et un côté pour les jeunes hommes qui pouvaient ainsi voir dans le corsage des demoiselles (véridiques !).
Nous poursuivons notre route vers Blonduos.
C’est l’occasion d’une baignade dans les eaux chaudes de la piscine extérieure équipée de toboggans et de « hot pots » qui font la joie de toute la famille (400ISK/adulte et 200ISK/Ados).
La piscine est dominée par une église pour le moins contemporaine mais réussie.
Le village qui semble un peu désert, à l’exception de très nombreuses oies, est malgré tout étroitement surveillé par la police qui veille au respect des limites de vitesse ! Nous aurons même l’occasion de voir un automobiliste arrêté pour excès de vitesse par un policier sorti de nulle part.
Nous poursuivons jusqu’à la péninsule de Vatsnes réputée pour ces phoques. L’heure est tardive et nous faisons une halte à côté de l’ancienne forteresse sans grand intérêt de Borgarvirki.
Par contre, la vue sur la presqu’ile est exceptionnelle. Affamé nous faisons griller de l’excellent mouton islandais avant de nous coucher.
Si vous voulez en parler, c’est là !
Bobtong
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